Le trentenaire bisontin, bercé par les chansons de Brassens dans la maison familiale de Besançon,est un fin observateur de notre quotidien et de notre société.L’artiste manie humour, ironie et naïveté enfantine.
Propos recueillis par Christophe Dollet en février 2009
Aldebert version enfant
Le chanteur bisontin vient de sortir « Enfantillages » avec de nombreux duos.
Pourquoi, après trois albums pour adultes, sortir « Enfantillages », un disque pour enfants ?
- Ce n'est pas un coup de tête. Après la tournée 2007, j'ai mis une pause à profit pour développer ce projet qui me tenait à Cœur de longue date. J'ai été emploi jeune à l'école de Naisey-les-Granges (Doubs) pendant cinq ans. Certaines chansons datent d'ailleurs de cette époque comme ''Super mamie''.
Comment ce disque a été reçu ?
- D'une façon à laquelle je ne m'attendais pas vraiment. Le Forestier m'a dit : c'est pas un album pour enfants, c'est un album sur l'enfance.
Comment il était Aldebert enfant, turbulent, posant des tas de questions ?
- J'étais assez proche des personnages que je décris dans ce disque-là, sauf que j'étais timide. Par contre, j'avais besoin de me faire remarquer par d'autres biais : des dessins, des imitations des professeurs...
Comment tu te voyais quand tu « serais » grand ?
- J'avais du mal. Adolescent, je m'imaginais en guitare hero, jouant du métal avec les grands cheveux, dans des stades bondés. Mais gamin, je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire.
Qu'est-ce que tu écoutais enfant ?
- Les tout premiers artistes sont Anne Sylvestre et Steve Waring, que j'ai retrouvés pour Enfantillages. Je me souviens d'un grand 33 tours avec des grenouilles sur la pochette.
Qu'est-ce que ça fait de chanter en duo avec Maxime Le Forestier par exemple ?
- C'est vraiment bizarre quand on se retrouve sur des projets avec des gens comme Renaud ou Le Forestier qu'on écoute depuis 25 ans. Maxime Le Forestier, il a dit oui parce que son fils Arthur connaissait. Quand il m'a dit : j'aime bien ton titre, viens boire un café à la maison, on va le répéter, je me suis retrouvé en face de lui, et il a chanté le couplet que j'avais écrit en pensant à lui, ça m'a fait un truc dingue.
On dit que les enfants constituent un public très exigeant. Est-ce le cas ?
- J'ai eu Henri Dès au téléphone, qui m'a dit tu vas voir c'est très dur. Pour l'instant, ça se passe très bien.
On peut tout dire aux enfants ?
- Ce qui est extraordinaire, c'est leur liberté, leur imaginaire. Je me sens assez proche de ça. Souvent ma copine me le dit. Quand ils partent sur un délire je les suis. J'ai sept ans sur scène.
Tu as trouvé ta voie : chanteur pour enfant ?
- C'est super-épanouissant, je prépare un deuxième enfantillage. Mais en même temps, je ne veux pas m'enfermer là-dedans. J'ai envie d'écrire sur des sujets très adultes : je suis en train d'écrire une chanson sur le harcèlement au travail, une autre sur l'homophobie, ce sont des choses qui m'interpellent, même si je ne les vis pas personnellement, j'ai des amis, des proches qui le subissent.
BIOGRAPHIE
Le trentenaire bisontin n’en finit plus de raconter son enfance ou la vie de ses copains. Drôle, ironique, parfois naïf, il sait fait fondre le cœur des jeunes filles et sourires les garçons.
Guillaume Aldebert est né à Paris le 7 juillet 1973.
Très vite, ses parents déménageront à Besançon où il passera sa scolarité. Très proche de sa ville d'adoption, il passe un BEP puis un Bac pro de photographie.
Bercé par les chansons de Brassens dans la maison familiale il découvre alors très vite sa vraie passion : la musique. Il fit ses premiers pas au lycée au sein de petits groupes de musiques entre potes (Power Slave, Killing Potatoes...). Il s'affirma davantage en tant que compositeur et guitariste pendant sept années avec son groupe nommé les "White". Le groupe jouait alors du Rock Metal. Il passe sérieusement à la chanson et sort son premier album, Plateau Télé, en l'an 1999 dans une version 8 titres tirée à 1000 exemplaires puis en l'an 2000 dans une version augmentée de 3 titres live et de deux titres studio.
Il donne de nombreux concerts, environ 180 entre 2000 et 2003, en solo ou accompagné de ses musiciens (Touf, François Grimm La Chicane, Stéphane Metin Groin-Groin, Cédric Desmazières Bitchon et Thomas Nicol).
Ses textes évoquent largement la nostalgie de l'enfance (Tête en l'air, Carpe Diem) pas toujours idéale (Rentrée des classes), et vantent la vertu de la paresse (la Méthode Couette).
Le 17 mars 2003, il sort son deuxième album, Sur place ou à emporter. Cette même année, il est le lauréat du Trophée Radio France de la chanson française.
En 2004 il poursuit sa série de concert et son troisième album, l'Année du Singe, est paru le 18 octobre.
Observateur de notre quotidien et de notre société, l’artiste manie humour, ironie et naïveté enfantine. L'album Les Paradis disponibles est sorti le 16 octobre 2006 un album beaucoup plus personnel qui permet à l'auteur d'atteindre la semaine de sa sortie la 7e place du top album.
Le 27 octobre 2008, il sort Enfantillages un album pour enfants et grands enfants auquel participent plusieurs artistes : Renan Luce, Clarika, Anne Sylvestre, Steve Waring, Maxime le Forestier, Marcel Amont, Élodie Frégé, Riké (de Sinsémilia), Vincent Baguian, les ogres de barback, Amélie les crayons.
DISCOGRAPHIE
Plateau Télé (2000)
Sur place ou à emporter (2003)
L'année du Singe (2004)
Les Paradis disponibles (2006 - Warner)
Enfantillages (2008 - Warner)






















